LA CABINE

Pendant des années, elle a dansé au-dessus des vallées, suspendue entre deux mondes : les sapins en dessous, les sommets au-dessus. Une drôle de petite boîte de métal et de verre, capable de transformer quelques minutes de trajet en véritable voyage.

Elle en a vu passer du monde.

Des enfants trop impatients pour regarder par la fenêtre. Des skieurs silencieux, encore endormis avant leur première descente. Des amoureux qui montaient plus pour le paysage que pour skier. Des champions d’un jour et des maladroits.

Elle a entendu des "on y va ?", des "j’aurais dû prendre une autre paire de chaussettes", des grandes discussions philosophiques à 2000 mètres d’altitude et probablement quelques promesses qui n’ont jamais dépassé le dernier pylône.

Parce qu’une cabine n’a jamais simplement transporté des personnes.

Elle a transporté des départs.

Des premières fois. Des retrouvailles. Des petites peurs et de grandes joies. Ces moments simples qui disparaissent souvent trop vite, sauf lorsqu’un objet décide de s’en souvenir à notre place.

La Cabine est née de cette idée : donner une nouvelle vie à cette silhouette devenue familière, presque mythique. Garder une trace de cette époque où la montagne avait encore ce goût d’aventure, où prendre une remontée ressemblait parfois au début d’un film.

Pour sa création, nous avons puisé dans une époque où le design osait rêver.

Les années 70 avaient une vision particulière du futur. Un futur optimiste, presque élégant. On imaginait des objets aux courbes généreuses, des couleurs assumées, des formes capables de traverser les années. On dessinait des voitures comme des fusées, des montres comme des machines à voyager dans le temps, et même les télécabines semblaient avoir été imaginées pour apparaître dans une scène de James Bond entre deux sommets enneigés.

Nous avons voulu retrouver cet esprit : celui d’un design qui ne cherche pas à suivre une tendance, mais à créer une présence.

La Cabine reprend ainsi les lignes essentielles des télécabines tout en les réinterprétant avec une approche plus contemporaine. Plus épurée, plus graphique, presque futuriste. Un équilibre entre souvenir et imagination, entre patrimoine alpin et objet de design.

Chaque pièce est entièrement réalisée dans notre atelier à La Clusaz.

Ici, rien n’est laissé au hasard. Les éléments sont imprimés en 3D, assemblés avec précision puis peints à la main. Parce qu’elle sont façonnées à la main, chaque Cabine peut porter de légères imperfections. Ce ne sont pas des défauts, mais les traces d’un geste humain : de petits détails qui rendent chaque pièce unique, avec sa propre histoire. Comme un vieux chalet dont chaque marque raconte une saison passée, chaque cabine porte la trace d’un travail patient.

En son centre, un tube en plexiglas fabriqué en France par une PME apporte cette légèreté et cette transparence si caractéristiques des anciennes télécabines. Cette fenêtre ouverte sur l’extérieur rappelle ces moments où le paysage défile lentement sous les pieds, où chaque mètre parcouru rapproche un peu plus du sommet.

Comme les véritables cabines qui ont marqué les montagnes, La Cabine possède plusieurs vies possibles.

Suspendue à sa barre métallique, elle semble reprendre son voyage entre deux sommets, prête à franchir une nouvelle vallée. Posée sur une étagère, un bureau ou un mur, elle devient un objet de design, un souvenir d’altitude, un fragment de montagne installé dans un intérieur.

Et parce que chaque histoire mérite ses propres détails, certains choisiront de lui ajouter quelques compagnons de voyage : mini skis, monoskis ou snowboards. Une cabine vide laisse imaginer un départ. Une cabine équipée raconte déjà une aventure.

Mais au-delà de l’objet, La Cabine porte une idée plus large.

Celle que la montagne ne doit pas seulement être visitée. Elle peut aussi être conservée.

Nous vivons une époque où les souvenirs s’accumulent dans des téléphones, des disques durs et des clouds presque infinis. Des milliers d’images existent quelque part, mais combien continuent réellement de vivre ?

Les beaux souvenirs méritent parfois une place réelle. Un objet que l’on regarde, que l’on touche, qui traverse les années avec nous.

Au fond, La Cabine n’est pas une télécabine miniature.

C’est un passage entre deux époques.
Un morceau de montagne entre hier et demain.

Les modes changent. Les sommets restent.

Et les objets qui ont une âme n’ont jamais eu besoin de suivre les tendances.